LA VIE PALIMPSESTE DE JANINE ALTOUNIAN Par Geneviève Delaisi de Parseval - Article paru dans le journal Libération du 20 mars 2019

Dans «l’Effacement des lieux», l’essayiste et traductrice de Freud rend compte de son histoire familiale, liée au génocide arménien.

Les lecteurs du bouleversant journal de déportation du père de Janine Altounian (Vahram Altounian, âgé de 15 ans à l’époque), traduit en français il y a trente ans puis rangé dans un tiroir avant que sa fille, grande linguiste mais privée de langue et d’écriture maternelles, l’arménien, puisse accéder à ce texte, découvriront avec une fascination analogue le livre actuel, l’Effacement des lieux. Son sous-titre, «Autobiographie d’une analysante, héritière de survivants et traductrice de Freud» est explicite. Plusieurs lectures sont possibles. L’autobiographie d’«une traductrice de survivants aux lieux effacés», mais également d’une traductrice de Freud (dans l’équipe de Jean Laplanche) ; «écriture d’analysante» enfin qui, selon les termes de l’auteure, restitue aussi bien les effets de son travail analytique que ses réflexions sur les événements actuels ou historiques qui ont fourni le matériau de son analyse. On ne trouvera nul didactisme dans ces pages qu’on n’est pas obligé de lire dans l’ordre des chapitres.

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Langue: 
français