De la cure à l'écriture. L'élaboration d'un héritage traumatique

Résumé

Le parcours analytique esquissé ici cherche à témoigner de ce qui s'est transmis aux descendants des survivants, tous disparus à présent, du génocide arménien de 1915, nié par l'Etat turc. Aboutissant à la réappropriation de cette transmission, il peut être lu comme un cas clinique intéressant les psychanalystes et les héritiers des catastrophes historiques.

L'ouvrage se termine par la transcription de l’entretien de Zépur Mezbakian, rescapée du génocide des Arméniens, diffusé sur France inter dans Là bas si j'y suis de Daniel Mermet le 11 mai 2005Cet entretien d’une survivante, semblable aux « grands mères de son enfance »,  a été intégralement retranscrit par Janine Altounian dans le dernier chapitre du livre. Rare témoignage oral d’une expérience de ce qui a pu se vivre pendant la déportation des Arméniens vers les déserts de la mort, il constitue à ce titre un socle fondamental et emblématique de toute la réflexion de l’auteur sur l’héritage de cette transmission.

Pour étayer son propos elle fait entendre un extrait de cet entretien (8mn) dans nombre de ses interventions. Par exemple en 2011, au cours de la conférence filmée Expériences enfantines des génocides (Philippe Mesnard, Janine Altounian, Marie-Odile Godard, Nicole Dagnino) qu'elle fait à l’Unesco au colloque Enfance en guerre. Témoignages d'enfants sur la guerre. Egalement en 2015 à la Fondation Auschwitz à Bruxelles à la journée d'étude : « Quelle(s) mémoire(s) pour le génocide arménien ? »

 
Ce livre illustre à l’aide d’exemples personnels le rapport existant entre le travail de la cure et celui de l’écriture lors de l’élaboration d’un héritage traumatique.

 

Entretien avec Janine Altounian 

 De la cure à l'écriture - Idées - France Culture : Le journal de la philosophie par François Noudelmann, le 10 juillet  2012 

Présentation du livre

Fédération des Ateliers de Psychanalyse le samedi 23 février 2013. Jeanne BERNARD et Nicole ROGER dialogueront avec l’auteure.

L'ouvrage

Écrire, c’est-à-dire traduire au monde, ressenti comme étranger au désastre familial, l’espace mortifère d’un héritage psychique, peut faire partie intégrante de cette élaboration. Toute publication visant à socialiser une subjectivité que la cure laisse peu à peu émerger d’un monde frappé d’invisibilité relance en effet le travail inconscient sur une voie novatrice en dessinant de nouveaux contours à l’intériorité de l’analysant/écrivant. 
Le parcours analytique esquissé ici montre par ailleurs combien une telle élaboration est tributaire également du poids des valeurs démocratiques au sein du pays d’accueil des survivants.

Janine Altounian, essayiste, est par ailleurs cotraductrice de Freud depuis 1970 et responsable de l’harmonisation dans l’équipe éditoriale des Œuvres complètes de Freud aux PUF sous la direction de Jean Laplanche. Née à Paris de parents arméniens rescapés du génocide de 1915, elle travaille sur la « traduction » de ce qui se transmet d’un trauma collectif aux héritiers des survivants.