3ème rencontre du programme de recherche de l'Ecole Française d'Athènes du 16 et 17 mai 2024 - Arméniens et Juifs dans les métropoles du Sud-Est européen : Le temps de l’après-génocide, reconstruire, se souvenir et transmettre


École Française d’Athènes – 16 et 17 mai 2024 – 3ème rencontre : Le temps de l’après-génocide – « Arméniens et Juifs dans les métropoles du sud-est européen » Odette VARON-VASSARD et Hervé GEORGELIN
Le temps de l’après-génocide : reconstruire, se souvenir et transmettre

Cette rencontre est organisée par l’École française d’Athènes.
Elle bénéficie d’un financement de la Fondation Gulbenkian. Avec la participation de l’UMR SeDyL

Programme
Résumés
Présentation en français
Présentation en anglais

Discours d'ouverture Hervé GEORGELIN

 
Bonjour à tous, nous nous retrouvons pour le second volet de notre troisième rencontre au sein du programme de recherches « Arméniens et Juifs dans les métropoles du sud-est européen », ayant pour sujet central « le temps de l’après-génocide ». Nous commençons notre journée par une session consacrée à la psychanalyse et la problématique de l’héritage des traumas psychiques des survivants, aux divers déploiements diachroniques dans l’intimité des êtres des catastrophes inaugurales. Notre première oratrice est Janine Altounian.Je la connais depuis le début des années 1990. J’ai la plupart de ses livres à la maison, ici à Athènes. Janine Altounian est une des personnes que je tiens à voir à chacun de mes passages à Paris.J’aime sa vivacité d’esprit et sa culture.Au-delà de l’aspect affectif de nos relations, je rappelle qu’elle est germaniste, analysante, traductrice de Freud et presque surtout essayiste. Malgré toutes nos différences évidentes (nos âges, nos sexes, nos origines entre autres), nous avons aussi des points de rencontre forts : notre intérêt pour l’histoire et la culture arménienne, même si nos perspectives sont différentes, notre goût pour la langue allemande et cette culture qu’on ne peut réduire au nazisme, même si celui-ci en est issu et l’a en grande partie détruite ou du moins, mais c’est pire en fait, profondément corrompue et pervertie peut-être à jamais et je finirai par notre intérêt, bien sûr à des degrés différents, pour la psychanalyse, la vie psychique et les difficultés voire impossibilités à vivre des êtres humains.
 
Comme Janine Altounian est invitée comme oratrice inaugurale, nous avons pensé d’un commun accord à articuler son propos comme une interview ouverte, combinant un PowerPoint et un échange avec quelques questions. Notre seconde oratrice est Ariella Asser. Elle est citoyenne grecque. Elle est parfaitement francophone. Nous nous connaissons depuis un certain nombre d’années. Nous avons participé à une soirée de présentation de l’ouvrage d’Odette Varon-Vassard Des Sépharades aux Juifs grecs à la Libraire Lexikopoleio sise à Pangrati. Ariella est psychanalyste et c’est à ce titre qu’elle est invitée aujourd’hui.

La troisième rencontre du programme de recherche piloté par Hervé Georgelin & Odette Varon-Vassard « Arméniens et Juifs dans les métropoles du Sud-Est européen » a pour thématique LE TEMPS DE L’APRÈS-GÉNOCIDE : RECONSTRUIRE, SE SOUVENIR ET TRANSMETTRE. Il s’agit de notre troisième et ultime rencontre de ce programme. Elle est consacrée au temps d’après les génocides, tant au niveau des mémoires traumatiques qu’au niveau de la reconstruction des vies collectives et individuelles et de la transmission. En effet, la rupture traumatique des génocides ne fut pas le point ultime de l’histoire ni des Arméniens ni des Juifs. Cette rencontre se veut interdisciplinaire en intégrant le point de vue psychanalytique dans notre problématique d’historiens, puisque nous parlerons de mémoire du traumatisme et de transmission. Nous aborderons uniquement certaines des multiples facettes de cet après. La mémoire culturelle de la Shoah, les régimes mémoriels du génocide arménien en Turquie et en diaspora, les nouvelles identités qui se forgent par les acculturations dans les nouveaux pays, sont certains des sujets qui seront présentés et discutés.

Malgré l’élimination de millions de personnes, les survivants vinrent ou revinrent dans les pays du Sud-Est européen après l’assassinat de leurs semblables. Dans des chronologies, selon des modes et en fonction de rapports aux lieux différents dans les deux cas, les survivants arméniens puis juifs prirent place dans les sociétés de la péninsule balkanique ou renoncèrent à s’y insérer définitivement, pensant à émigrer vers des pays plus riches, plus sûrs ou symboliquement plus prometteurs. Pour les Juifs il y eut la création de leur foyer national, Israël. Reconnu en 1948, il attira un grand nombre de survivants qui avaient tout perdu dans leur pays natal.
Nous nous pencherons en particulier sur l’insertion politique des survivants en quête d’un statut – citoyenneté retrouvée ou à conquérir -, sur leurs rebonds culturels au sein de structures religieuses ou pas, en langue locale ou en langue de référence d’avant la catastrophe, notamment dans leur presse, leur contribution aux cultures des pays d’installation ou de réinstallation. Les approches d’histoires familiales ou individuelles, à l’échelle de la micro-histoire, auront également leur place dans la journée.

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Débat: 
Le temps de l’après-génocide : reconstruire, se souvenir et transmettre
Date: 
16/05/2024
Lieu: 
École française d’Athènes
Langue: 
français
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