" Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie "... : un génocide aux déserts de l'inconscient

Résumé


«Ouvrez-moi seulement les chemins d’Arménie »/ Un génocide aux déserts de l’inconscient (Préface de René Kaës), Les Belles Lettres/ Confluents psychanalytiques, 1990, 2003 (2° éd.).[1]

L'ensemble des textes de ce recueil témoigne de la confluence d'une réflexion historique et d'une élaboration psychanalytique dont on sent les chemins ouvrir progressivement pour Janine Altounian ceux d'une Arménie qu'elle n'avait pu connaître que par des identifications endeuillées.

Ses commentaires, aussi pudiques que le récit que son père nous a laissé de sa déportation, nous confrontent au paradoxe d'une époque qui, en même temps que le développement des conceptions de Freud, a vu et continue de voir se multiplier, dans le fréquent silence complice des nations civilisées, génocides et totalitarismes barbares.

Notes :

[1] Cet ouvrage existe dans une version traduite en arménien par Krikor Chahinian et Garine Zorabian, 2001, Antelias, Liban: ԲԱՙՑ  ՄԻԱՅՆ  ԻՄ  ԴԻՄԱՑ  ՃԱՄԲԱՆԵՐՆ  ԱՐՄԵՆԻՈՅ  de ԺԱՆԻՆ  ԱԼԹՈՒՆԵԱՆ.
On peut se le procurer auprès de Suzy Ohannessian, libraire du Catholicossat d’Antelias/ Beyrouth, tel. 00961 - 4- 41 00 01 00961 -3 - 87 87 46 (mobile) bookstore@armenienorthodoxchurch.org
[2] Illustration : Persis, Parthia, Armenia : l'Arménie antique, atlas de Joseph Thomas (London, 1835) David Rumsey Collection 

4ème de couverture

Déclaration de Talaat Pacha, ministre de l'intérieur du gouvernement turc, le 15 septembre 1915 : «Le gouvernement a décidé d'exterminer entièrement les Arméniens habitant en Turquie... Sans égards pour les femmes, les enfants, les infirmes, quelque tragiques que puissent être les moyens d'extermination, sans écouter les sentiments de la conscience, il faut mettre fin à leur existence».

Déclaration d'Adolf Hitler, le 22 août 1939 : «Notre force doit résider dans notre rapidité et notre brutalité. J'ai donné l'ordre à des unités spéciales de S.S. de se rendre sur le front polonais et de tuer sans pitié hommes, femmes et enfants. Qui parle encore aujourd'hui de l'extermination des Arméniens ?».

Ceux-ci d'ailleurs, comme la plupart de ceux qui ont survécu aux massacres de notre histoire contemporaine, se sont tus pendant deux générations, incapables de mettre en mots ce qui était arrivé, acculés par ce silence même au terrorisme.

Pour donner une forme à l'irreprésentable de son histoire familiale et un espace psychique à son pays dépecé, Janine Altounian a choisi la voie d'une psychanalyse dont la poursuite, selon sa formule, ne se révèle «évidemment pas une aventure en vase clos - contrairement au reproche absurde qui lui est fait - mais constitue le lieu où peuvent éventuellement s'intégrer les violences, se symboliser les changements externes». Lieu de parole où se confrontent la langue enfouie de ses origines et sa langue d'accueil, où prend source son travail de traductrice.

L'ensemble des textes de ce recueil témoigne de la confluence d'une réflexion historique et d'une élaboration psychanalytique dont on sent les chemins ouvrir progressivement pour Janine Altounian ceux d'une Arménie qu'elle n'avait pu connaître que par des identifications endeuillées.

Ses commentaires, aussi pudiques que le récit que son père nous a laissé de sa déportation, nous confrontent au paradoxe d'une époque qui, en même temps que le développement des conceptions de Freud, a vu et continue de voir se multiplier, dans le fréquent silence complice des nations civilisées, génocides et totalitarismes barbares.

Article sur l'ouvrage dans la revue : Les Papiers du Collège international de Philosophie, n°32

Le présent “ Papiers ” rassemble les interventions prononcées le samedi 2 décembre 1995 autour de l’ouvrage de Janine Altounian “ Ouvrez-moi seulement les chemins d’Arménie. ” Un génocide aux déserts de l’inconscient " (Éditions Les Belles Lettres, collection Confluents psychanalytiques, 1990).
Interventions successives de Janine Altounian, Michel Tort, Michel Marian, Nicole Lapierre, Krikor Beledian, René Kaës.

Cet article est paru suite à la table ronde du 2 déc. 1995 organisé par Michel Tort dans le cadre des Samedis du Collège de philosophie.


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