Mémoires du génocide arménien. Héritage traumatique et travail analytique

L'ouvrage

Cet ouvrage à plusieurs voix porte sur la question de la transmission d’un héritage traumatique et de son mode d’élaboration au cours du travail analytique. Il a la particularité de comporter, en fac simile, le manuscrit original du témoignage autour duquel il s’origine et s’organise : le Journal de déportation de Vahram Altounian, traduit par Krikor Beledian, reçu et commenté par Janine Altounian, essayiste, traductrice.

Il se propose de montrer comment, à partir d’un écrit indéchiffrable pour tout lecteur néophyte, une expérience traumatique débutant à Boursa, petite ville d’Asie mineure, un « mercredi 10 août 1915 », passe par l’épreuve de sa traduction, celle de sa réception et de son élaboration subjective par un héritier pour se transmettre et aboutir, quasi un siècle plus tard, à la présente publication.

Table ronde 

Photo : Vahram Altounian et sa mère Nahidé à Brousse vers 1914, avant les déportations.

Vahram en berger comme chez les Bédouins, Istanbul 1920

Photo : Vahram en berger comme chez les Bédouins, Istanbul 1920.

Cette photo a été faite dans  le même studio que celui de la précédente où Vahram pose avec sa mère.
Elle correspond au rite de la photo "déguisée" en vogue dans la culture ottomane qui aime jouer avec les identités. On peut lire à ce sujet l'ouvrage de Catherine PINGUET qui porte sur les premiers photographes de Constantinople, notamment les Frères Abdullah, des Arméniens qui sont aussi les premiers photographes officiels de sultans : Istanbul, photographes et sultans, CNRS éditions, 2011, collection Pierre de Gigord.

La mise en scène de cette tenue qui, pendant la déportation, permettra à Vaham de survivre a ici un caractère étrangement prémonitoire.

 

Le mot de l'éditeur

Cet ouvrage de mémoire sur le génocide arménien rend publiques des lettres des parents de la psychanalyste Janine Altounian. Ces lettres s'accompagnent d'analyses et de commentaires sur la transmission d'un tel héritage, sa signification, la constitution du témoignage et ses conséquences traumatiques sur les générations suivantes. Les contributeurs, à partir de différentes situations, expliquent la violence de cette transmission, la transgression très forte que représente, pour les survivants et pour les descendants, la parole : "l'expérience hors bornes des rescapés se terre souvent dans le secret, le mutisme ou, chez certains, le ressassement inlassable et dérisoire d'un répertoire obsédant [...] dans une langue déracinée [...] stérile par un empêchement à générer désormais toute culture vivante [...] innommable, ne relevant pas du champ de la communication."Cet ouvrage à plusieurs mains représente une mémoire, une écriture lue et entendue par tous les contributeurs de ce recueil comme une trace "en attente de son avènement"."

A propos des auteurs

Janine Altounian est essayiste et traductrice de Freud. Elle est membre de l'équipe éditoriale de la nouvelle traduction des Œuvres complètes de Freud/Psychanalyse (OCF.P), dirigée par Jean Laplanche.

Ont contribué à la présente publication : 

– Krikor Beledian, écrivain de langue arménienne, maître de conférences à l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales)

– Jean-François Chiantaretto, psychanalyste, professeur de psychopathologie (Université de Paris XIII, UTRPP)

– Manuela Fraire, psychanalyste, membre titulaire de la SPI (Société Italienne de Psychanalyse) et de l’IPA

– Yolanda Gampel, psychanalyste, membre titulaire de la SIP (Société Israélienne de Psychanalyse), représentant pour l’Europe au Conseil de l’IPA, professeur à l’Université de Tel-Aviv

– René Kaës, psychanalyste, professeur émérite de l’Université Louis-Lumière Lyon 2

– Régine Waintrater, psychanalyste, thérapeute familiale, maître de conférences à l'Université Paris 7 - Diderot.

Table des matières

Le texte intégral de cet ouvrage, y compris les pages en arménien du fac simile, est disponible sur ce site http://memoires.ommx.org/book avec le témoignage de Vahram.