Diaspora

Entretien avec Janine Altounian publié dans la Revue internationale de la fondation Auschwitz : "Témoigner, entre histoire et mémoire", n° 119, décembre 2014


Témoigner entre histoire et mémoire – n°119 / Décembre 2014 : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi 

Entretien avec Janine Altounian par mené par Luba Jurgenson et Philippe Mesnard 
Si en janvier 2015 on commémore l’ouverture du camp d’Auschwitz, en avril suivant, les regards se porteront sur le centenaire non d’une libération mais du premier génocide du siècle qui a frappé l’ensemble de la communauté arménienne de Turquie en 1915.

Janine Altounian est une des grandes figures du  milieu intellectuel francophone qui portent, depuis plusieurs décades, la conscience du génocide arménien. Elle est de toutes les manifestations d’envergure, elle a publié de nombreux ouvrages sur le génocide et de nombreux articles également sur la langue de Freud, dont elle est une des traductrices, ainsi que sur la transmission traumatique. Surtout, surtout, elle a su rester modeste et accessible, extrêmement modeste face à l’ampleur de la tache qu’elle s’est mise à assumer, alors que trop souvent — tantôt par défense, tantôt en cédant tout simplement au miroitement du moi — l’on voit des acteurs mémoriels augmenter démesurément de taille.

Nous sommes allés l’interviewer chez elle en compagnie d’Anouche Kunth qui, en tant qu’historienne, travaille sur l’exil et, plus particulièrement, la diaspora arménienne. Lire la suite

français

Rencontre du 2 mai 2012 du séminaire EHESS « Non-lieux de l’exil » coordonné par Alexandra Galitzine-Loumpet : "le désir de traduire naît de l'impossibilité à traduire un plaisir ou une perte"

Cette rencontre s'nscrit dans le cadre du programme de recherche du séminaire de l'EHESS/CNRS « Non-lieux de l’exil » fondé en 2011 par Alexandra Galitzine-Loumpet et Alexis Nuselovici et hébergé à la Fondation Maison des sciences de l'homme (2012-2015).

Coordonnée par Alexandra Galitzine-Loumpet, la rencontre du 2 mai a pour thème " le désir de traduire naît de l'impossibilité à traduire un plaisir ou une perte" avec Janine Altounian, Boris Chukhovich et Anouche Kunth.

I
 

02/05/2012
Paris
le désir de traduire naît de l'impossibilité à traduire un plaisir ou une perte

Séminaire de l'IRIS sur les violences de masse : enquêter par l'intime. Sources, méthodes, épistémologie - Séance du 24 avril : Famille (2). Transmissions, traductions

La séance du 24 avril du séminaire interdisciplinaire de l'IRIS (Unité mixte de recherche associant l’EHESS, le CNRS, l’Inserm et l’Université Paris 13)  animé par Anouche Kunth, chargée de recherche au CNRS (Hors EHESS) et Chowra Makaremi, chargée de recherche au CNRS (IRIS) sera consacrée à : 
"Famille (2). Transmissions, traductions", un thème qui sera abordé plus spécifiquement à travers l'entreprise de traduction, avec Janine Altounian (traductrice et essayiste, auteur notamment des Mémoires du génocide arménien. Héritage traumatique et travail analytique, Paris, PUF, 2009) et Chowra Makaremi (Le Cahier d’Aziz, Paris, Gallimard, 2011).

Ces deux héritières de l'histoire génocidaire se sont livrées respectivement à la traduction du journal du père et du témoignage du grand-père offrant ainsi la possibilité de mettre en regard ces deux expériences de transmission-traduction au cours d'une séance croisée, dont la date n'est pas anodine pour porter une parole symbolique en ce jour de commémoration.

24/04/2017
Locaux historiques de la Maison des Sciences de l'Homme : 54 boulevard Raspail 75006 Paris
Famille (2). Transmissions, traductions

Séminaire de l'IRIS sur les violences de masse : enquêter par l'intime. Sources, méthodes, épistémologie - Séance du 24 avril : Famille (2). Transmissions, traductions

La séance du 24 avril du séminaire interdisciplinaire de l'IRIS (Unité mixte de recherche associant l’EHESS, le CNRS, l’Inserm et l’Université Paris 13)  animé par Anouche Kunth, chargée de recherche au CNRS (Hors EHESS) et Chowra Makaremi, chargée de recherche au CNRS (IRIS) sera consacrée à : 
"Famille (2). Transmissions, traductions", un thème qui sera abordé plus spécifiquement à travers l'entreprise de traduction, avec Janine Altounian (traductrice et essayiste, auteur notamment des Mémoires du génocide arménien. Héritage traumatique et travail analytique, Paris, PUF, 2009) et Chowra Makaremi (Le Cahier d’Aziz, Paris, Gallimard, 2011).

Ces deux héritières de l'histoire génocidaire se sont livrées respectivement à la traduction du journal du père et du témoignage du grand-père offrant ainsi la possibilité de mettre en regard ces deux expériences de transmission-traduction au cours d'une séance croisée, dont la date n'est pas anodine pour porter une parole symbolique en ce jour de commémoration.

Famille (2). Transmissions, traductions
24/04/2017
IRIS - Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux

Journée d'étude du 29 novembre 2014 sur " Mémoire diasporique et co-création socioculturelle‏ : rester soi en devenant autre" organisée par le Centre National de la Mémoire Arménienne

En partenariat avec la Fondation Napoléon et Léa Bullukian, le CNMA, le Centre National de la Mémoire Arménienne de Décines organise le samedi 29 novembre une journée d'étude : Mémoire diasporique et co-création socioculturelle : « rester soi en devenant autre »Dans le cadre de cette réflexion sur la dynamique d’une communauté pluri-identitaire en devenir permanent proposée par Jules Mardirossian avec le concours de Jean-Claude Métraux, Janine Altounian interviendra sur la dimension politique du "rester soi en devenant autre".

29/11/2014
Centre National de la Mémoire Arménienne Décines
Mémoire diasporique et co-création socioculturelle‏ : rester soi en devenant autre
40 mn
Voir la video

Entretien avec Janine Altounian publié dans la Revue internationale de la fondation Auschwitz : Témoigner, entre histoire et mémoire, n° 119, décembre 2014

Témoigner entre histoire et mémoire – n°119 / Décembre 2014 : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi 
Entretien avec Janine Altounian par mené par Luba Jurgenson et Philippe Mesnard 
Si en janvier 2015 on commémore l’ouverture du camp d’Auschwitz, en avril suivant, les regards se porteront sur le centenaire non d’une libération mais du premier génocide du siècle qui a frappé l’ensemble de la communauté arménienne de Turquie en 1915.
Janine Altounian est une des grandes figures du  milieu intellectuel francophone qui portent, depuis plusieurs décades, la conscience du génocide arménien. Elle est de toutes les manifestations d’envergure, elle a publié de nombreux ouvrages sur le génocide et de nombreux articles également sur la langue de Freud, dont elle est une des traductrices, ainsi que sur la transmission traumatique. Surtout, surtout, elle a su rester modeste et accessible, extrêmement modeste face à l’ampleur de la tache qu’elle s’est mise à assumer, alors que trop souvent — tantôt par défense, tantôt en cédant tout simplement au miroitement du moi — l’on voit des acteurs mémoriels augmenter démesurément de taille. 

Nous sommes allés l’interviewer chez elle en compagnie d’Anouche Kunth qui, en tant qu’historienne, travaille sur l’exil et, plus particulièrement, la diaspora arménienne. Lire la suite

Témoigner, entre histoire et mémoire : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi
15/12/2014
Paris

Le fourvoiement des appartenances dans Le Bois de Vincennes de Nigoghos Sarafian

« Le fourvoiement des appartenances dans Le Bois de Vincennes de Nigoghos Sarafian » au colloque Exil et diaspora (Paris Sorbonne, mars 96) .
Colloque : Exil et diaspora
16/03/1996
français
1996

De l’Arménie perdue à la Normandie sans place

Janine Altounian. « De l’Arménie perdue à la Normandie sans place » in Les Temps Modernes, juil/sept 1988, n° 504/506, Arménie-Diaspora, mémoire et modernité.

Commentaire :

Il est une revue officielle de l'intelligentsia bien pensante de la rive gauche, celle qui s'émeut quant on massacre les Indiens d'Amazonie ou les bébés phoques, qui signe les pétitions, mais qui, à l'époque, refusait de voir dans les bagnes staliniens autre chose que des camps confortables destinés à la rééducation des délinquants - il ne fallait pas désespérer Billancourt; cette revue vantait en raison d'une particulière cécité, les libertés du régime imposé par Enver Hodja au peuple albanais; s'extasiait devant les excès de la révolution culturelle de Mao ou bien admirait, en le criant très fort, le Kampuchéa de Pol Pot. Cette revue, pendant rive gauche de la Revue des Deux Mondes, c'est Les Temps Modernes, fondée, il y a de cela plus de quarante ans, par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.

Depuis sa fondation, Les Temps Modernes, dont la collection complète s'étale sur plusieurs mètres, a publié un très grand nombre de numéros spéciaux. Le dernier en date, un fort volume de 460 pages, a pour thème "Arménie-Diaspora. Mémoire et modernité". Après de nombreuses livraisons consacrées à la Turquie, vient enfin le tour des Arméniens.

A juste titre, chacun s'étonnera d'un tel retard. On n'en connaîtra jamais les véritables raisons. Certains invoqueront de mystérieux et incompréhensibles vétos; d'autres, I'absence d'intellectuels capables d'en rédiger les nécessaires textes. Ne pouvant apporter le moindre éclaircissement, nous pensons qu'il vaut mieux se procurer cette triple livraison des Temps Modernes (N° 504 - 505 - 506) et l'apprécier à sa juste valeur.

Une précision toutefois. Ce dossier des Temps Modernes concernant les réalités arméniennes, nous le devons au dévouement et à la persévérance d'Alice Aslanian, de Claire Mouradian, de Gérard Chaliand, de Claude Mutafian. Il convenait de le noter.

Le présent cahier, qui se divise en quatre grandes parties, s'ouvre sur une présentation assez spécieuse de Claude Lanzmann qui a, par ailleurs, bien lu les textes publiés et parfaitement compris l'enjeu existant en raison des thèmes évoqués par les divers auteurs de ce très riche ensemble. Nous reviendrons, par la suite, sur cette présentation car elle pose problème. Mais voyons, tout d'abord, ce qui est du contenu.

Des fragments d'un livre de Kostan Zarian, Le Passant et son chemin, permettent de comprendre les dimensions de l'âme de la nation arménienne et l'on aborde ainsi la première partie.

Les textes de ce premier ensemble que l'on doit à Gérard J. Libaridian, Yves Ternon, Claude Mutafian et Hélène Piralian portent sur la période de la Première Guerre mondiale. Ils s'articulent autour du thème "Génocide/Histoire".

Quelques pages d'Alexandre Khatissian, Premier ministre de la République arménienne (1918-1920), permettent une meilleure compréhension, car plus directe dans leur formulation, de cette époque tourmentée. A celles-ci, vient s'adjoindre l'excellente étude de Tahsin Celal traitant des "Regards turcs sur la question arménienne".

La réalité arménienne, éclatée entre l'Arménie soviétique et la diaspora, a été, par la force des choses, abordée en fonction de ces deux pôles. Ainsi, Claire Mouradian s'intéresse de façon très détaillée aux actuels événements du Karabagh tandis que Levon Chorbajian survole les problèmes de la vie quotidienne en Arménie soviétique.

Le second pôle, à savoir la diaspora avec ses trois principales composantes - Etats-Unis, France et Moyen-Orient - est abordé par Robert Mirak, Anahide Ter Minassian et Aïda K. Boudjikanian. Claire Mouradian intervient à nouveau pour exposer et analyser la question des relations existant entre Erevan et les communautés diasporiques. Et c'est Daniel J. Petit qui conclut quant à l'état général de la diaspora avec ses divisions internes et ses multiples difficultés.

Comme on ne peut évoquer une nation sans s'intéresser à sa culture, ce sont Marc Nichanian, Krikor Beledian et Janine Altounian qui en parlent savamment.

On lira également, dans cette dernière partie, un entretien passionnant avec le réalisateur Serge Paradjanov ainsi que les propos de deux artistes: le sculpteur Arto et le peintre Marc Balakjian.

Il revenait à Gérard Chaliand de clore ce dossier par un long texte, "Mémoire et Modernité", où il analyse, à la lumière de l'histoire de la question arménienne, la situation née de la reconnaissance, par le Parlement européen, du génocide de 1915.

Les propos tenus par Gérard Chaliand, utilisant le terme "génocide" pour le cas arménien, constituent une réponse à la présentation de Claude Lanzmann pour lequel les événements de 1915 ne constituent rien d'autre qu'un massacre. Un de plus dans l'histoire de l'humanité. Et ce mot, "massacre", il le répète à plusieurs reprises.

Je ne crois pas qu'il faille lui en vouloir pour son ignorance de l'évidence. Il suffira de regretter son manque d'information, s’il faut ajouter que ce n'est nullement le génocide juif "qui a joué clairement pour les Arméniens un rôle déterminant dans la réactivation de leur passé tragique", mais les livres fondateurs de Jean-Marie Carzou et d'Yves Ternon, ainsi, qu'on le veuille ou non, les actes terroristes des militants arméniens qui abattirent des diplomates turcs.

Gérard Bédrossian, Cahiers arméniens ANI, N° 5 (1988)

Les Temps Modernes
15/09/1988
français
De l’Arménie perdue à la Normandie sans place
1988
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